L'évolution des dirigeants est en marche

Dans son édition du 6 mars, les Echos s'intéressent à l'évolution des compétences requises pour être dirigeant.
La dimension cognitive suffisait auparavant mais, aujourd'hui, les dirigeants sont aussi confrontés aux paradoxes, à l'ambiguïté et à l'imprévisibilité“, affirme Stéphane Birchler, consultant chez Mercer Delta, à l'issue d'une enquête menée auprès de 223 dirigeants d'entreprise, dans 44 pays.

Pour résumer, les compétences intellectuelles ne suffisent plus, les compétences émotionnelles et physiques sont désormais nécessaires. Seul cet arsenal permettra d'affronter les nouveaux enjeux du business, conduire le changement, donner du sens à l'action, encourager l'initiative en tolérant l'échec, accroître la qualité des rapports humains.
Plus qu'une exigence propre aux dirigeants, il y a fort à parier que cette tendance gagnera l'ensemble des strates de l'entreprise. Etre humain, ouvert, tolérant et créatif n'est pas l'apanage des chefs, il s'agit simplement de qualités humaines équitablement partagées qu'il suffit de laisser s'exprimer dans le tissu de l'entreprise, ou mieux encore encourager les collaborateurs à adopter de telles postures.
Pour ce qui est d'instaurer ce climat humaniste, c'est le rôle de guide que pourraient jouer les “valeurs“ d'une entreprise.
Est-ce le cas ? A ce jour, elles sont un outil de communication institutionnel et n'interfèrent en rien avec l'évaluation comportementale des collaborateurs.
Pour ce qui est de la capacité des hommes à adopter ces comportements, il s'agit bien plus d'une question de transformation personnelle. Abandonner des réflexes dirigistes, l'attrait pour le pouvoir et son corollaire, l'inaptitude au partage, quitter l'obsession de l'image et de l'ego, sont quelques uns des nombreux bénéfices que l'on peut attendre d'un processus de  développement personnel et spirituel de l'homme.
Pour que les dirigeants parviennent à transcender leur ego, il leur sera nécessaire d'aborder la voie des profondeurs, de retrouver leur dimension verticale, spirituelle.

Les plus grandes batailles de la vie sont celles que nous livrons chaque jour dans l'antichambre de notre âme. Lorsque vous gagnez ces batailles intérieures, vous ressentez une immense paix, le sentiment de savoir où vous êtes. Vous constaterez que les victoires publiques suivront ensuite d'elles-mêmes.
Stephen Covey

Nous souffrons d’un déséquilibre dû à un développement purement matériel de la technique. 
Le déséquilibre ne peut être réparé que par un développement spirituel dans le même domaine, c’est-à-dire dans le domaine du travail.
Simone Weil, l'une de nos grandes philosophes, portait ce diagnostic... il y a 63 ans !

Posté par selfway le mars 7, 2006 à 11:07 PM | L'évolution des dirigeants est en marche

dans Capital Humain, Leadership

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Notifié le 8 mar 2006 14:02:12

Commentaires

- PASSIONNANT -

Cela fait plaisir ! L'on commence à sortir du syndrome Apollo. L'intellect ? Limité quand il s'agit d'interagir avec des organismes qui ressentent : les humains. Et puis la vie n'est pas un long fleuve tranquille, en effet : la complexité fait qu'une solution A (sensée générer A') peut parfaitement produire B, C voire X, compte tenu du changement constant des conditions d'exécution. La vie n'est que changement, ce qu'Héraclite clamait déjà !

La mission Apollo, il y a 30 ans, sonne le glas de l'intellect exclusif. Seuls et dans l'espace, les meilleurs produits des programmes de formation les plus pointus se 'bouffent la rate' et multiplient pinaillages et coupages de cheveux en seize. Place aux fonctions socio-émotionnelles, tellement cartographiées par les psychologues - justement - anglosaxons (Robert Freed Bales, Meredith Belbin, Taibi Kahler, etc.)

L'on découvre leur utilité en France, de manière officielle ? Eh bé, c'est tant mieux. Notre nation d'ingénieurs post-Seconde Guerre mondiale (doués, il est vrai, pour reconstruire en son temps la France) va - je l'espère - devenir un pole du 'bien se comporter'. Du 'bien intéragir avec les attentes des autres'. En toute circonstance. Et si possible en étant plus complets. En somme, plus performants.

Chaleureusement - Fidèlement,

Lionel

Rédigé par : Lionel | 8 mar 2006 13:38:26

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