Être ou avoir... un génie ?
Elizabeth Gilbert est l'auteure de Eat, Pray, Love, (Mange, prie, aime en français ) best seller autobiographique qui raconte sa recherche d'identité, depuis son divorce jusqu'à son voyage initiatique et existentiel en Italie, en Inde et à Bali. Son roman sera bientôt adapté au cinéma par les studios Paramount où son rôle sera incarné par Julia Roberts.
Voici pour les présentations, mais l'essentiel est ailleurs.
Dans la conférence que nous propose TED, Elizabeth Gilbert nous livre ses réflexions sur la création artistique et c'est profondément inspirant.
Adolescente, lorsque son choix se porte vers le métier d'auteur, elle s'entend dire, comme tous les aspirants artistes :
"N'as-tu pas peur de n'avoir aucun succès ?"
Avant d'entreprendre chaque acte créateur, sa petite voix intérieure lui souffle ses angoisses.
"Et si c'était nul ? Arrête tout de suite"
Pourquoi la création et l'angoisse sont-elles si intimement mêlées ? se demande-t-elle. Est-ce inéluctable ? Faut-il créer dans la souffrance ?
A l'inverse, lorsque le succès arrive, le créateur est tellement encensé qu'il en perd pied. Son ego se dilate et s'envole comme un ballon de baudruche. Il est génial ! Attention à l'explosion en plein ciel...
Puis très vite, l'effet pervers se met en place.
"Comment pourrai-je atteindre à nouveau de tels sommets" se demande-t-il.
"Que vont-ils penser de ma prochaine création ?"
Elizabeth Gilbert propose une nouvelle manière de concevoir la création ou plutôt le retour à une conception antique.
Chez les grecs, un artiste était inspiré par son démon. Chez les romains, c'était son génie.
Cette distanciation avait un double mérite.
Lorsque l'oeuvre bénéficiait de concerts de louanges, le créateur avait l'humilité d'attribuer à son génie la paternité de l'inspiration.
Lorsque l'oeuvre était rejetée, le créateur pouvait aussi se retourner vers son génie pour le blâmer de son manque d'inspiration.
Tout changea avec la Renaissance et l'humanisme. L'homme est au centre de l'univers. La création émane de son être.
L'artiste n'a plus un génie. Il devient un génie.
Selon Elizabeth Gilbert, c'est une énorme erreur. Cette conception fait peser une trop lourde responsabilité sur la fragile psyché de l'homme, avec ses risques de distorsion, d'inflation. La pression de réussir finit par tuer l'artiste qui ne demandait qu'à s'éveiller.
Et vous, que dit votre génie de tout ça ?
Posté par selfway le mars 6, 2009 à 12:10 AM | Être ou avoir... un génie ?
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