Storyboarding & Management

A l'occasion de l'ouverture de l'exposition Story-boards à l'ENS Louis Lumière (Cité du Cinéma de St-Denis) se tenait, jeudi dernier, la table ronde sur l'art du storyboard . Le plateau était composé de trois storyboarders de référence - Bruno de Dieuleveult, Pierre-Emmanuel Chatiliez, Sylvain Despretz -, d'un réalisateur - Jérôme Cornuau - et de deux enseignants.

J'avoue mon coup de coeur pour Sylvain Despretz. Son talent est immense. Ses planches somptueusement belles (cf photo d'une séquence non tournée de Gladiator, au centre avec le micro). A Hollywood, il a travaillé avec les plus grands - Ridley Scott, David Fincher, Stanley Kubrick, Tim Burton, Darren Aronofsky, sans oublier Jean-Pierre Jeunet, Luc Besson…- il a été le complice de Moebius pendant de longues années… Depuis deux ans, il a décidé de se consacrer à son rêve d'enfant : devenir réalisateur.

Avec un tel pedigree, nombreux auraient la tête enflée comme une baudruche. Pas Sylvain Despretz. Avec Olivier Martin, nous avons pu discuter avec lui le plus simplement du monde, parler de story@board, recueillir son avis enthousiaste sur notre innovation et obtenir son email pour de prochains échanges.

Photo-sylvain despretz-gladiator

Revenons-en au contenu des échanges de la table ronde. Il était question de cerner les multiples rôles du storyboard dans le processus de création d'un film. De nombreux exemples ont été cités : négocier une extension de budget pour les décors, sur la base des scènes dessinées, faciliter les échanges au sein de l'équipe de réalisation, mettre au point et corriger une séquence narrative, maintenir l'espoir au niveau de la production lorsqu'un tournage se prolonge (Gladiator a failli ne pas voir le jour, les producteurs menaçaient régulièrement de couper les vivres, les storyboards réguliers réussirent à maintenir leur foi dans le projet), évaluer le coût de la création d'effets spéciaux… J'en passe et des meilleurs.

En m'inspirant de ces exemples cinématographiques, j'ai cherché quelques possibles transpositions des usages du storyboard en entreprise (hors préparation de films évidemment) :

- Convaincre, par une meilleure visualisation des séquences d'un projet. Imaginez la présentation d'un storyboard au lieu d'un Power Point. Je n'ai pas de mal à imaginer que l'attention de l'auditoire serait décuplée !

- Pré-voir les lignes directrices de l'action, anticiper, mieux préparer l'action, pour être ensuite plus efficace, plus libre, plus disponible à l'imprévu

- Coordonner les équipes autour d'un document visuel. La cartographie des séquences, des rôles, leur remise en question sur la base du scénario visuel sont autant de manière d'améliorer la coopération au sein d'une équipe.

- Stimuler l'intuition visuelle. Nombreux sont ceux qui pensent plus facilement avec des images. Pourquoi brider ces intelligences ?

Toutes ces pratiques orientées vers le futur, fidèlement à l'utilisation du storyboard en cinéma, ne doivent pas faire oublier qu'il est tout aussi possible d'utiliser le storyboard pour revenir sur des expériences passées. Comme le disent les auteurs du livre Gamestorming : "its uses are limited only by the imagination".

Bref, storyboarding et management ne sont qu'à l'aube d'une belle rencontre.

 

PS : Un grand merci à Elisabeth de Saint Basile, Kanyo Consulting et story@boardeuse de m'avoir informé de cette table ronde.

Posté par selfway le mars 25, 2013 à 01:23 AM | Storyboarding & Management

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