Le Leadership créatif

IBM vient de publier récemment son rapport d'étude bisannuelle sur le Leadership, suite à l'interview de 1.541 dirigeants répartis dans le monde entier. L'étude qui mérite toute l'attention de ceux qui s'intéressent au Leadership est téléchargeable en français.

Je vous avoue avoir été très surpris. Agréablement surpris !

Quelle est la qualité n°1 citée par les dirigeants actuels pour faire face au principaux défis qu'ils ont identifiés, en particulier un niveau de complexité qui ne cesse de s'accroître ?

La créativité !

IBM_CEO_image_thumb3  

La crise semble avoir provoqué une prise de conscience massive et radicale. Le temps subit parfois de terribles accélérations ! 

J'ai eu de nombreuses occasion sur ce blog de dire mon effarement devant le peu de prise en compte de cette qualité essentielle dans les processus de sélection et d'évaluation des managers.

Parmi les quelques thèmes récurrents que j'ai eu l'occasion de développer sur Selfway, la créativité n'est pas le moindre.
C'est ce qui m'a donné l'envie de parcourir quelques prises de position ou réflexion sur ce sujet. 


En voici une sélection :

Le 18 mai 2005, l'un des mes premiers articles : Pratiquez-vous l'imaginatique ?

"La créativité est l'une des compétences les plus essentielles. La créativité est partout : Que ce soit pour innover bien sûr, pour imaginer des solutions aux conflits, pour développer sa confiance en soi, pour avoir le courage d'avancer en terrain inconnu, pour s'amuser, pour... tant de choses. Carl Rogers a démontré scientifiquement que plus l'individu progresse sur l'échelle du développement personnel plus il est créatif, spontanément. Abraham Maslow en a fait de même en décrivant les personnes qui s'"auto-réalisent". Carl Jung l'appelle imagination active, une disposition naturelle de l'inconscient apte à résoudre nombre des conflits non-résolus.

J'avoue ne toujours pas comprendre pourquoi la créativité est aussi mal-aimée aujourd'hui en entreprise.
Quelles sont les entreprises qui ont compris qu'il s'agissait d'un critère d'évaluation de tout premier plan, d'un axe de développement stratégique ? Après quatre siècles de domination impitoyable de la raison, l'heure n'est-elle pas venue de laisser la place à l'imagination ?... Est-ce la raison qui a conduit George Lucas à créer la sublimissime "Guerre des Etoiles", l'un des films les plus profitables de l'histoire du cinéma ? Est-ce la raison qui a mené Steve Jobs à lancer le IPod, responsable d'un redressement spectaculaire de Apple ? Est-ce la raison qui invente ?"

Steve Jobs... tiens, tiens, ce nom me dit quelques chose !!!

Le 22 juin 2006 : Les leçons de business de Steve Jobs

"Connaissez-vous des entreprises françaises qui ont compris l'importance de la créativité, qui évaluent leurs collaborateurs sur cet item, qui l'encouragent, qui la cultivent, qui tolèrent l'échec, qui recrutent des profils marginaux pour favoriser l'émergence de solutions nouvelles, qui sélectionnent leur boss selon cette compétence... ?"

Le 27 janvier 2006 : The Creative Imperative

"Ainsi, les leaders prennent-ils conscience de l'importance de la créativité dans notre monde économique... Tiens, n'avait-on pas remarqué en haut lieu que Croissance = f(Créativité). Cette loi biologique s'applique aux végétaux, aux animaux, à l'homme, comme l'ont montré Maslow, Rogers, Jung, Freud... et tant d'autres.
L'entreprise, méta-organisme humain, ne peut que suivre les mêmes lois.

J'en connais un qui sourit, c'est le nouveau roi de la souris !
Il en fait pas un film de la créativité, seulement des films.

Quant à la réalité de ce besoin créatif, ce ne sont pour l'instant que de belles déclarations !
Consultez les annonces de recrutement pour les postes de Direction Générale et cherchez le mot créativité dans la liste des compétences requises. Je viens de faire un rapide test sur Cadremploi : sur 10 annonces DG, 1 positive, soit 10%...
Peut-être ai-je mal compris. Il faudrait être créatif pour résoudre les grands problèmes de la planète, mais pas dans l'entreprise. [Il faut suivre, Davos c'est pour les grandes personnes !]

Bon, pour les inconscients qui souhaiteraient prendre quelques décennies d'avance sur les futurs besoins des recruteurs, donc renforcer leurs compétences en créativité, je vous recommande de visiter cette sélection. Si ça ne vous suffit pas, contactez-moi, je vous alimenterai pour quelques décennies supplémentaires ;-)"

Le 30 mars 2006 : Du Leadership conjoncturel au Leadership structurel

“La dernière Executive News, Club of Leaders de Egon Zehnder rapporte un article du Financial Times consacré à la gestion de l'incertitude par les dirigeants d'entreprises.
Selon l'auteur, le rythme effréné de changement de l'économie requiert du Leader de devenir un “Maître de l'incertitude“, capable de rester calme dans les moments de fortes turbulences, d'apprendre de ses échecs, d'être ouvert et flexible. Il recommande aux entreprises d'“investir“ rapidement dans cette nouvelle génération de leaders pour assurer leur compétitivité future.
Mais dites-moi, peut-on tolérer et gérer l'incertitude de son environnement si l'on ne sait l'accepter et l'affronter pour soi-même ?
Faire face à de nouvelles conditions, de manière efficace et rapide, est une des composantes de la Créativité. Cette aptitude à créer de nouveaux schémas, à visualiser de nouvelles directions évolutives, sans la crainte de sortir des sentiers battus, se développe spontanément et naturellement en progressant sur la voie du Développement Personnel.“

Le 25 septembre 2007 : Qui a tué la créativité ?

"Jamais les entreprises n'ont autant eu besoin de créativité qu'aujourd'hui !
Pourquoi ?
Parce que la libéralisation et la mondialisation intensifient la concurrence comme jamais auparavant.
Parce que les barrières technologiques qui, hier encore, protégeaient les entreprises parvenues de l'intrusion de nouveaux concurrents, s'envolent à la moindre bourrasque de web2.0
Parce que sans croissance l'économie se grippe. La croissance est le produit de la création, elle-même fruit de la créativité.

Jamais les individus n'ont autant eu besoin de créativité !
Pourquoi ?
Parce que nous sommes les acteurs de cet écosystème
Parce que nos trajectoires sont de moins en moins linéaires et de plus en plus chaotiques, nous obligeant sans cesse à nous réinventer.
Parce que sans créativité notre perpétuelle quête de bonheur et de bien-être est vouée à l'échec. Chaque jour, les recettes d'hier abandonnent de leur pertinence.

Et pourtant... les enfants ne naissent-ils pas créatifs ?
Alors, où est la faille ?

Je vous laisse entre les mains de Sir Ken Robinson, dont l'exposé profond, puissant et éminemment drôle, ne manquera pas de vous éclairer !
Croyez-moi, vous ne regretterez pas ces 20 minutes ;-)"

Le 14 janvier 2008 : L'accomplissement de soi

Maslow a synthétisé ses observations et tenté d'identifier les caractéristiques principales de ces personnes accomplies. Elles sont de la première importance pour qui s'intéresse au leadership. N'y retrouvent-on pas là un ensemble de qualités hautement désirables pour les dirigeants d'entreprises ?

Il observa tout d'abord que ces personnes avaient une meilleure perception et acceptation de la réalité et de ses imperfections, parvenant à mieux discerner ce qui recelait des faits réels et observables et non d'évaluations faites "à travers le prisme de leurs propres souhaits, de leurs espoirs et de leurs peurs, de leurs inquiétudes ou de leurs théories et convictions personnelles, ou à travers les croyances de leur groupe culturel", simplement parce qu'ils n'éprouvent "ni culpabilité excessive, ni honte paralysante, ni anxiété grave". Ils ne luttent plus, ils se développent, avec un certain détachement vis-à-vis de leur environnement culturel.
Les individus accomplis agissent avec spontanéité, simplicité et humour, sans détours, ni affectation ou efforts pour paraître, et se consacrent, de manière éthique, à des questions qui dépassent leur simple intérêt personnel, ayant le sentiment de devoir accomplir une mission.
Ils paraissent libres, ne dépendant guère de satisfactions externes, auto-déterminés, autonomes, appréciant la solitude, n'ayant aucune crainte de se retrouver seuls face à eux-mêmes, mais ressentant paradoxalement un sentiment de parenté avec tous les hommes. Ils considèrent en toute humilité qu'ils peuvent apprendre de chacun, mais préfèrent des relations authentiques et profondes, donc peu nombreuses.
Ils ont conservé ou peut-être retrouvé la faculté de s'émerveiller, y compris dans le quotidien, en pleine banalité apparente et font toujours preuve de créativité, usant d'une certaine “seconde naïveté“. Ces personnes parviennent à déjouer les antagonismes, à résoudre des dichotomies telles que égoïsme et altruisme, travail et loisir... Ils sont synergiques.

Presque tous rapportent des expériences paroxystiques, ou expériences mystiques, décrites par Maslow comme "une intensification considérable de n'importe quelle expérience dans laquelle il y a perte de soi ou transcendance du moi, comme dans la focalisation sur un problème, l'intense concentration, l'intense expérience sensuelle, ou l'oubli de soi et l'intense jouissance de la musique ou de l'art." Ces états modifiés de conscience, eux-mêmes générateurs de croissance, ouvrent la porte à la psychologie transpersonnelle, initiée par Jung et marquant la réunion entre psychologie et spiritualités, deux disciplines qui jadis ne faisaient qu'une.

Le 29 avril 2009 : Les 100 jours d'Obama

4. La créativité
Sa campagne avait déjà brillé par une remarquable combinaison des outils web 2.0 et de son savoir faire d'organisateur de communautés. Le web au service du terrain. Obama utilise Facebook, YouTube, Twitter sans la moindre hésitation et range au placard l'image conventionnelle du Président "vieux notable hasbeen".
Aucune barrière mentale entre le président et les jeunes générations. Pour contrer les assauts des paparazzi, Obama rend public l'album photo de sa vie présidentielle sur Flickr.
Face à des contextes et des situations sans précédents, la créativité d'Obama sera l'une de ses armes les plus efficaces. Il n'aura nul besoin de chercher à se rassurer par de vieux schémas bien établis... qui n'auraient eu aucune chance de succès.

Posté par selfway le juin 2, 2010 à 12:46 AM | Le Leadership créatif dans Créativité, Leadership | Commentaires (5) | TrackBack

Les leaders de l'innovation

Jean-Philippe Deschamps, Pr de Technology et Innovation Management à l'IMD de Lausanne, intervenait ce matin dans le cadre de la journée organisée par PDMA France. Bravo aux organisateurs pour la qualité des interventions et des échanges !
Avec plus de 30 années passées à conseiller des entreprises dans les domaines de l'innovation (3M, Philips, Medtronics, Nestlé, Logitech...) et 12 années en tant qu'enseignant dans ce domaine, Jean-Philippe Deschamps a ce que l'on peut appeler une superbe hauteur de vue.

IMG_1120

Pour lui, la culture d'innovation de l'entreprise commence avant tout par son leader. Il nous a alors dressé le portrait d'un leader de l'innovation, en 6 traits :

1. Un mélange d'émotion et de réalisme
Une belle combinaison de cerveau droit (pour générer de nouvelles idées) et gauche (pour les mettre à exécution) dans la même personne.

2. Apprend de ses erreurs
Aux U.S. les venture capitalists financent de préférence ceux qui ont déjà échoué. Au moins, ils ont fait leurs erreurs sur l'argent des autres...
Ces leaders sont capables d'aider leurs équipes à positiver les échecs pour en tirer les leçons.

"Pourquoi faire deux fois la même erreur alors qu'il existe tant d'erreurs parmi lesquelles choisir"
Oscar Wilde

3. Le courage d'arrêter
Le discernement pour évaluer le moment où il faut s'arrêter... sans que ne soit négligée la persévérance de poursuivre contre vents et marées pour défendre ses convictions et ses rêves.

4. Capacité à composer et guider des équipes de virtuoses
Mais attention ! Des équipes de virtuoses en innovation ne se managent pas par le consensus mou. Au contraire, il faut instaurer une culture de "High Respect / High Conflict".
De la confrontation saine des idées nait la richesse des points de vue.

5. Ouverture aux idées et technologies externes
C'est par exemple une nécessité dans la Pharma où 50% des nouveaux produits des grands laboratoires proviennent des partenaires R&D

6. Passion pour la mission et pour l'innovation
Il suffit de penser à Steve Jobs. Jean-Philippe Deschamps cite également l'exemple de Camillo Pagano, ex-Chief Marketing Officer de Nestlé, à qui l'on doit Nespresso.
Le succès est aujourd'hui phénoménal, mais il faut savoir qu'il s'est battu pendant 18 années pour réussir à faire passer son innovation, à la rendre possible et à convaincre le boss de le suivre.

La conférence a également traité de l'alignement nécessaire entre stratégie d'innovation et profil de leader.
Pour faire très court :
- Pour une stratégie d'amélioration continue des produits, le profil adapté est celui d'un Coach, au sens entraîneur sportif, qui challenge, motive
- Pour une stratégie de nouveau produit ou service, il faut plus un Mentor, qui protège le noyau créatif des agressions externes, donne confiance et fait profiter de son expérience
- Pour une stratégie de nouveau modèle économique, un Architecte est recommandé, concepteur mais également organisateur, planificateur
- Pour une stratégie de nouvelle solution intégrée (avec partenaires extérieurs), c'est un Chef d'orchestre qui interprète les différents besoins, coordonne les diverses compétences et maintien le niveau d'exigence élevé

Bien évidemment, ces profils sont schématiques et JP Deschamps insiste sur le fait qu'il s'agit d'un continuum.

Le détail de son approche éclairée est disponible dans son livre : "Innovation Leaders"

Posté par selfway le juin 18, 2009 à 12:13 AM | Les leaders de l'innovation dans Créativité, Innovation, Leadership | Commentaires (1) | TrackBack

Une plongée dans la conscience de David Lynch

J'avais récemment découvert la fondation David Lynch et l'intérêt qu'il porte pour la méditation et l'éducation des jeunes à la pleine conscience. Ca m'a donné envie de prolonger le voyage en compagnie de l'un de mes réalisateurs préférés. J'ai tant aimé Twin Peaks, Sailor et Lula, Blue Velvet, Elephant Man... et c'est ainsi que je viens de lire "Mon histoire vraie".

C'est le récit d'anecdotes personnelles de Lynch révélant l'originalité de son processus créatif. Il est stupéfiant de voir le rôle qu'il fait jouer aux intrusions créatives.
Le meilleur exemple : Souvenez-vous du personnage de Bob dont les apparitions terrifiantes et mystérieuses donnent à la série une intensité remarquable.
Je laisse David Lynch raconter comment le personnage s'est imposé dans le scénario :

TwinPeaks_Bob Sur le tournage de Twin Peaks nous avions un assistant décorateur qui s'appelait Frank Silva. Il n'était absolument pas prévu que Frank soit dans Twin Peaks. Mais nous étions en train de tourner dans la maison de Laura Palmer, et Frank était en train de déplacer des meubles dans sa chambre. Moi j'étais dans l'entrée, sous un ventilateur. Et une femme a lancé : "Frank, ne mets pas la commode comme ça devant la porte. Tu vas te retrouver enfermé dans la chambre."

Et j'ai eu cette vision de Frank dans la chambre. Je suis immédiatement intervenu pour demander à Frank : "Es-tu acteur ?" Et il a répondu : "Eh bien, oui, il se trouve que je suis acteur", parce qu'à L.A. tout le monde est acteur. A L.A. et peut-être dans le monde entier, d'ailleurs. Et j'ai dit : "Frank, tu vas être dans cette scène."

On a fait un panoramique de la pièce, deux fois sans Frank et une fois avec Frank figé au pied du lit. Mais j'ignorais à quoi cela allait servir et ce que cela signifiait.

Ce soir là, nous sommes descendus et nous avons tourné la scène où la mère de Laura Palmer est étendue sur le divan, en proie au chagrin et à la tristesse. Soudain elle visualise quelque chose et se redresse brutalement en hurlant. Sean, le cameraman, devait suivre son visage au moment où elle sursautait. Moi j'ai eu l'impression qu'il avait parfaitement réussi à saisir l'instant. Alors j'ai dit : "Coupez ! Parfait, magnifique !" Mais Sean a protesté :
- Non, non, non. Ca ne va pas du tout.
- Qu'est ce qui se passe ?
- Il y avait le reflet de quelqu'un dans la glace.
- Le reflet de qui ?
- De Frank.

"Mon histoire vraie" est également le témoignage de sa passion pour la méditation et de la pratique de la pure conscience. David Lynch introduit le sujet dans la préface en annonçant qu'il pratique la méditation depuis 33 ans et qu'elle a eu un rôle déterminant dans son oeuvre cinématographique et picturale, ainsi que dans tous les secteurs de sa vie.

David_Lynch_Mon_histoire_vraie Voici comment il décrit le processus de méditation : "A l'intérieur de chaque être humain, il y a un océan de conscience pure, vibrante. En méditation transcendantale, lorsqu'on transcende, on plonge dans un océan de conscience pure. On barbote dedans. On nage en plein bonheur. On vibre en même temps que ce bonheur. La conscience pure s'anime et devient plus présente au fur et à mesure qu'on en fait l'expérience, elle l'élargit. Elle commence à se déployer et à croître."

Pour conclure, une petite pensée de David Lynch, particulièrement adaptée à la période que nous traversons, riche en contraintes :
"Il y a des fois où les contraintes obligent à réfléchir davantage. Si on a de l'argent à ne plus savoir qu'en faire, on peut se détendre et résoudre à coups de dollars tous les problèmes qui se présentent. On n'a pas trop à se creuser les méninges. Mais lorsqu'on est financièrement limité, on trouve parfois des idées peu onéreuses, des trésors d'astuce.“

Posté par selfway le avril 15, 2009 à 12:32 AM | Une plongée dans la conscience de David Lynch dans Créativité, David Lynch, Livres, Méditation | Commentaires (5) | TrackBack

Apprendre à méditer à l'école

Qu'est ce que la méditation ?

La méditation est un exercice de "plongée intérieure "permettant de vivre des états modifiés de conscience et de calmer le flux incessant de l'activité mentale. Cette pratique introspective entraîne un développement de la conscience de soi, en particulier un meilleur ressenti de ses émotions, et ouvre l'accès, souvent obstrué, à ses intuitions.
Ses bénéfices sont désormais incontestables pour la santé (réduction de l'hypertension, du diabète, du stress chronique, de la dépression, facteur adjuvant favorisant le traitement des cancers...), pour le développement des capacités mentales (meilleur discernement, clarification de la pensée, créativité améliorée), et plus globalement pour le développement de la personne.

Ses origines les plus anciennes sont indiennes (dhyana) et sa pratique a diffusé dans tout l'Orient via le bouddhisme, en Chine (tchan), au Japon (zen).

Que la méditation soit d'origine spirituelle ou religieuse suffit à détourner la majorité de la population française et occidentale de sa pratique.

C'est une lourde et regrettable erreur. La méditation peut être pratiquée hors de tout culte.
Il est temps de laïciser la méditation, comme le font déjà Google, avec son école de développement personnel, et David Lynch avec sa Fondation.

Photo_david_lynch David Lynch, immense créateur, pratique la méditation depuis plus de 30 ans. C'est là qu'il puise son inspiration et libère son génie. Conscient de ses bénéfices et de ses potentialités, il a créé sa fondation au service de l'éducation des enfants :

"In today’s world of fear and uncertainty, every child should have one class period a day to dive within himself and experience the field of silence—bliss—the enormous reservoir of energy and intelligence that is deep within all of us. This is the way to save the coming generation.

I have been “diving within” through the Transcendental Meditation technique for over 30 years. It has changed my life, my world. I am not alone. Millions of other people of all ages, religions, and walks of life practice the technique and enjoy incredible benefits.

(...)

Someday, hopefully very soon, “diving within” as a preparation for learning and as a tool for developing the creative potential of the mind will be a standard part of every school’s curriculum

Research and experience document the profound benefits to society as a whole when our children dive within. Individual peace is the unit of world peace. By offering Consciousness-Based education to the coming generation, we can promote a strong foundation for a healthy, harmonious, and peaceful world. For this, the Foundation also supports the establishment of Universities of World Peace that will train the coming generation in a new profession: that of professional peacemaker.

Thank you very much for your interest. And please remember that Consciousness-Based education is not a luxury. For our children who are growing up in a stressful, often frightening, crisis-ridden world, it is a necessity."

David Lynch

Consultez cette courte vidéo (7mn) : A San Francisco Public School
Les effets sont là. La violence est apaisée, les capacité de travail se libèrent. Le dialogue enseignant/élèves se renoue.
Et pourquoi pas chez nous ?

Si vous avez plus de temps, durée 1h28, regardez le maître David Lynch accompagné d'autres intervenants scientifiques lors d'une conférence sur Créativité, Conscience et Cerveau

Si vous souhaitez mieux comprendre la méditation ou essayer chez vous : Comment méditer, une superbe introduction de l'école Shambhala.

Posté par selfway le mars 7, 2009 à 02:15 AM | Apprendre à méditer à l'école dans Coup de coeur, Créativité, David Lynch, Education, Méditation, Performances cérébrales, Santé | Commentaires (1) | TrackBack

Être ou avoir... un génie ?

Elizabeth Gilbert est l'auteure de Eat, Pray, Love, (Mange, prie, aime en français ) best seller autobiographique qui raconte sa recherche d'identité, depuis son divorce jusqu'à son voyage initiatique et existentiel en Italie, en Inde et à Bali. Son roman sera bientôt adapté au cinéma par les studios Paramount où son rôle sera incarné par Julia Roberts.
Voici pour les présentations, mais l'essentiel est ailleurs.

Dans la conférence que nous propose TED, Elizabeth Gilbert nous livre ses réflexions sur la création artistique et c'est profondément inspirant.

Adolescente, lorsque son choix se porte vers le métier d'auteur, elle s'entend dire, comme tous les aspirants artistes :
"N'as-tu pas peur de n'avoir aucun succès ?"
Avant d'entreprendre chaque acte créateur, sa petite voix intérieure lui souffle ses angoisses.
"Et si c'était nul ? Arrête tout de suite"
Pourquoi la création et l'angoisse sont-elles si intimement mêlées ? se demande-t-elle. Est-ce inéluctable ? Faut-il créer dans la souffrance ?

A l'inverse, lorsque le succès arrive, le créateur est tellement encensé qu'il en perd pied. Son ego se dilate et s'envole comme un ballon de baudruche. Il est génial ! Attention à l'explosion en plein ciel...
Puis très vite, l'effet pervers se met en place.
"Comment pourrai-je atteindre à nouveau de tels sommets" se demande-t-il.
"Que vont-ils penser de ma prochaine création ?"

Elizabeth Gilbert propose une nouvelle manière de concevoir la création ou plutôt le retour à une conception antique.
Chez les grecs, un artiste était inspiré par son démon. Chez les romains, c'était son génie.
Cette distanciation avait un double mérite.
Lorsque l'oeuvre bénéficiait de concerts de louanges, le créateur avait l'humilité d'attribuer à son génie la paternité de l'inspiration.
Lorsque l'oeuvre était rejetée, le créateur pouvait aussi se retourner vers son génie pour le blâmer de son manque d'inspiration.
Tout changea avec la Renaissance et l'humanisme. L'homme est au centre de l'univers. La création émane de son être.
L'artiste n'a plus un génie. Il devient un génie.

Selon Elizabeth Gilbert, c'est une énorme erreur. Cette conception fait peser une trop lourde responsabilité sur la fragile psyché de l'homme, avec ses risques de distorsion, d'inflation. La pression de réussir finit par tuer l'artiste qui ne demandait qu'à s'éveiller.

Et vous, que dit votre génie de tout ça ?

Posté par selfway le mars 6, 2009 à 12:10 AM | Être ou avoir... un génie ? dans Coup de coeur, Créativité, Education | Commentaires (0) | TrackBack

Après le Brainstorming, le Brainwriting

Eclair

Vous qui avez déjà participé à des séances de Brainstorming connaissez non seulement la technique inventée par Alex Osborn mais aussi la difficulté de l'animer dans les règles de l'art.

J'en rappelle quelques règles de base :
- Tout le monde doit contribuer. Un participant silencieux casse l'ambiance et gèle l'atmosphère. La créativité a besoin de chaleur pour germer.
- On ne juge pas les idées, ni positivement, ni négativement.
Vigilance, il est très facile de ne rien communiquer verbalement et d'adopter une posture ou un visage qui trahissent un jugement. Lorsqu'elle naît une idée est un nourrisson; Elle a besoin d'assistance et de soin pour se développer, atteindre son enfance tranquillement, pour enfin devenir mature, bonne à cueillir.
- Rebondir sur les idées des autres. Ce jeu de rebond s'apparente fortement à la posture d'improvisation où l'on tisse l'histoire avec les autres en complétant, enrichissant, développant. Il n'y a pas de lutte.
Pour que la séance soit efficace; il faut un facilitateur capable d'incarner ces règles. Il faut aussi que les participants se respectent sincèrement. C'est même chaleureusement recommandé qu'ils s'apprécient et aiment travailler ensemble. La créativité de groupe se joue dans le plaisir.

Mais, justement du fait de cette alchimie de groupe difficile à instaurer, le brainstorming est souvent mal pratiqué et donne alors des résultats décevants. Certaines études ont comparé la production individuelle d'idées et la production par brainstorming, sans réussir à montrer de différence.

Qu'en est-il du Brainwriting et comment fonctionne-t-il ?
- 4 participants sont réunis autour d'une table. Chacun note ses idées sur autant de papier qu'il a d'idées, en silence. Les papiers tournent ensuite et chacun complète et enrichit les idées des autres. Lorsqu'un papier a 4 idées, il est placé au centre de la table.
- dans la deuxième étape, les participants s'éloignent de la table et annoncent les idées dont ils se souviennent. Le rappel actif amplifie la mémorisation des idées.
- lors de la troisième et dernière étape, chaque participant note les nouvelles idées qui lui viennent, pendant un quart d'heure.

Une nouvelle étude de Peter A. Heslin, Better than brainstorming? Potential contextual boundary conditions to brainwriting for idea generation in organizations, publiée dans le Journal of Occupational and Organizational Psychology, montre des résultats en faveur du Brainwriting. Sans conclure en faveur de cette technique, l'auteur recommande de s'interroger sur la meilleure technique en fonction du contexte, des participants, du facilitateur présent ou non.

Quelques livres sources sur la créativité.

[Via British Psychological Society]

Posté par selfway le février 20, 2009 à 12:33 AM | Après le Brainstorming, le Brainwriting dans Brainstorming, Brainwriting, Cerveau Droit, Créativité | Commentaires (2) | TrackBack

Les couleurs influencent la créativité et l'attention

Si je vous le disais, vous auriez peut-être quelque mal à me croire, mais lorsque ce constat provient d'un article à paraître dans Science... vous vous inclinez, en signe de dévotion face à la toute puissance de ce non-Dieu unique. Ravi Mehta and Rui Zhu, deux chercheurs de l'Université de Vancouver, viennent de mener des études qui comparent les effets des couleurs rouge et bleu sur les performances cérébrales.
Ils ont démontré, lors d'une série de 6 expériences, que le rouge favorise la vigilance et la concentration sur des tâches qui demandent de l'attention portée aux détails tandis que le bleu facilite un état exploratoire qui encourage la créativité.
Comment ont-ils créé ce contexte rouge ou bleu ?
Le protocole comprenait par exemple des tâches à exécuter sur un ordinateur, pour un groupe sur un fond d'écran rouge, pour l'autre bleu. Il intégrait également des jeux d'assemblage de Lego, certains groupes en avaient des bleus, d'autres des rouges.
Les auteurs émettent néanmoins quelques réserves. Ces études ayant été menées au Canada, il est probable qu'une influence culturelle impacte fortement les résultats.

"Peignons la finance en rouge et le marketing en bleu"

Painting-the-roses-red

Plus dé détails dans cet excellent article de la British Psychological Society 

D'autres informations complémentaires dans le New York Times

L'abstract de Science

Image : www.alice-in-wonderland.net

Posté par selfway le février 11, 2009 à 07:55 AM | Les couleurs influencent la créativité et l'attention dans Actualité, Attention, Coup de coeur, Créativité, Performances cérébrales | Commentaires (0) | TrackBack