La motivation en images

Dan Pink a récemment publié un nouveau livre sur la motivation : Drive. Il s'amuse à y déboulonner des croyances traditionnelles qui restent à la base des mécaniques incitatives en vigueur dans les entreprises. De nombreuses études ont montré l'effet contre-productif d'une incitation financière sur les performances intellectuelles.

Les fameuses "motivations extrinsèques" (pouvoir, argent, statut, reconnaissance...) sont toujours au coeur des processus de management alors qu'on sait que ce sont les "motivations intrinsèques" qui assurent l'émergence de réels leaders authentiques.

Mais au-delà du livre, admirez également ce mode de restitution visuelle original combinant scribing et motion capture.

Posté par selfway le août 20, 2010 à 02:10 PM | La motivation en images dans Management, Mobilisation | Commentaires (1) | TrackBack

Ne pas sortir du rang

C’est aujourd’hui que la commission de discipline de la Fédération française de football convoque les meneurs (Abidal, Toulalan, Evra, Ribéry) de la désormais plus célèbre grève de l’histoire française (oubliées les monstrueuses grèves de décembre 1995, les mouvements de 1968 ou de 1936…).

Depuis que Raymond n’est plus en mesure de bunkériser ses joueurs de l’équipe de France, les langues se sont déliées.
Nous avons par exemple pu lire sur le site de Libération le témoignage de Abidal:

Là, il est possible qu’on n’ait pas fait le bon choix. Nous avions pris notre décision, on était tous dans le bus, et Patrice Evra [le capitaine] a dit : "Ceux qui veulent descendre peuvent le faire." Peut-être qu’au fond d’eux-mêmes, certains n’étaient pas d’accord. Mais personne n’est descendu, et on n’a attaché personne.“

Cette affaire pitoyable a remarquablement montré la force d’un effet de groupe que chacun de nous a personnellement constaté ou expérimenté : sortir d’un groupe constitué demande beaucoup de courage, qualité que la vie courante ne tend guère à… encourager.
Revenons sur un épisode historique dramatique, effroyable, qui illustre malheureusement la même dynamique humaine.

Le 13 juillet 1942, le major allemand W. Trapp reçoit l’ordre d’exterminer les enfants, femmes et vieillards juifs du village polonais de Jozefow et de déporter les adultes. 1.800 personnes en tout. Trapp dirige un bataillon de police composé de réservistes, pour la plupart issus de classes moyennes de Hambourg et assez peu “nazifiés“. Ce sont des “hommes ordinaires“, comme les nomme l’historien Christopher Browning qui a étudié cet épisode, que j’ai personnellement lu reporté par Gerd Gigerenzer dans “Le génie de l’intuition“.

Avant de lancer l’opération barbare, Trapp donne à ses 500 hommes le choix de sortir du rang s’ils ne s’en sentent pas capables.
10% le feront.

Conclusion de l’auteur. La règle collective implicite “On ne sort pas du rang“ est d’une telle force qu’elle est capable de surpasser des codes de conduite individuels pourtant bien ancrés, comme ici la règle morale “On ne tue pas un innocent. C’est dire sa puissance… Browning a d’ailleurs reconnu l’influence de l’expérience de Stanley Milgram et sa fameuse “Expérience de Soumission à l’autorité“ sur ses recherches.
Impossible également de ne pas penser au remarquable “Sa Majesté des mouches“ de William Golding.
Un groupe peut être plus intelligent que la somme de ses individualités.
Ou pas.
Ca dépend.

Posté par selfway le août 17, 2010 à 10:00 AM | Ne pas sortir du rang dans Dynamique humaine, Leadership, Mobilisation | Commentaires (1) | TrackBack

Mobiliser les hommes en temps de crise

Au cours de l'été, McKinsey a mené une étude auprès de 1.653 dirigeants du monde entier pour évaluer leur clefs du leadership en temps de crise. L'étude a identifié 3 classes de dirigeants : ceux qui sont très satisfaits de leur gestion de la crise, ceux qui le sont relativement, ceux qui ne le sont pas du tout et compare les réponses aux différentes questions en fonction de ces trois classes.

Parmi les nombreux sujets abordés, deux ont retenu particulièrement mon attention.

- Les dirigeants qui sont très satisfaits de leur performance consacrent plus de temps à mobiliser leurs collaborateurs, mais les deux premières mesures citées dans ce cadre (plus parler de l'entreprise, de ses valeurs et de sa direction et informer les collaborateurs des performances financières de l'entreprise) ne sont pas jugées les plus efficaces.

- Les dirigeants étaient interrogés sur les aptitudes et compétences qui les ont le mieux préparé à faire face à cette crise. Tous, indépendamment de leur réussite, répondent la gestion de l'incertitude et le réalisme dans l'analyse de la situation. En revanche, seuls les plus performants citent massivement la qualité des relations humaines, avec leurs collaborateurs, leurs partenaires... et l'aptitude à inspirer. Deux leviers que l'on imagine mieux maîtrisés par les plus performants. La poule et l'oeuf.

Ces deux résultats soulignent au moins une évidence. Les dirigeants ont du mal à se souvenir que ce ne sont pas les chiffres ou les faits qui motivent les collaborateurs mais les aventures humaines.
Parlez de vous, d'eux, de qui vous voulez, mais tant que vous vous adressez à des humains, parlez d'aventures humaines, pas d'une personne morale (qui ne l'est que trop rarement d'ailleurs...).
Depuis la nuit des temps, toutes les épopées, tous les contes racontent des histoires d'hommes et de femmes qui bravent des épreuves insurmontables, physiquement parfois, psychologiquement le plus souvent. Les combats, les héros sont archétypiques. Leur forme reste identique au cours du temps et à travers les cultures.

Cette évidence a donné naissance au storytelling, la reprise par le monde de la politique et de l'entreprise de ce principe essentiel de la narration : développer son message en prenant appui sur des aventures humaines archétypiques... et non sur des données financières.

C'est ce que, chez Togeth'art, nous mettons en oeuvre dans nos programmes de team building. Permettre aux collaborateurs de raconter leur aventure collective, par exemple grâce à la bande dessinée, leur apporte le recul sur leurs actes, autant que le sentiment de s'inscrire dans la continuité des grandes aventures humaines.

Posté par selfway le août 28, 2009 à 10:26 AM | Mobiliser les hommes en temps de crise dans Leadership, Mobilisation | Commentaires (0) | TrackBack

L'infantilisation de la société au Forum Modernités

L'infantilisation de la société était le thème de la soirée OFF organisée par le Forum Modernités au Théâtre du Rond-Point. J'y allais avec curiosité et enthousiasme, pour la thématique bien sûr mais aussi pour le format original de ces soirées.

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Le contenu, conçu en partenariat avec la nouvelle et excellente revue Ravages, était dense et stimulant, l'animation étant assurée par Philippe Lemoine, Président du Forum Modernités et PDG de Laser (en photo à côté de Mickey)

Alors que signifie cette infantilisation de la société ?
L'inspirateur de ce thème est Benjamin Barber, éminent politologue américain, qui a publié en 2007 "Comment le capitalisme nous infantilise". Il y démontre comment la société s'est organisée pour décider à la place de citoyens. Les programmes TV ciblés pour les petits bébés les familiarisent très tôt à consommer de la télé. Lorsqu'ils grandissent ils deviennent la cible des messages publicitaires destinés à leur créer des besoins qu'ils n'ont pas. Plus tard, lors de l'adolescence, leur quête d'identité passera par l'affirmation du choix de leurs marques fétiches.
Progressivement une chape de non-pensée s'insinue et docilise le consommateur.
A tel point que le modèle dominant devient celui de l'adolescent. Il faut avoir un corps d'adolescent toute sa vie, ce contre quoi Paul Virilio s'insurge : "Faire du jeune le modèle du vieux, c'est une plaisanterie !"
Mais l'infantilisation ne s'arrête pas là. La réalité des marchés financiers s'est transformée en un jeu. Comme dans un Monopoly géant, les traders des salles de marché misent à tout va et touchent 20.000 en passant la case départ... à moins qu'ils n'aillent en prison !
Le court terme, le tout tout de suite est un symptôme de l'enfant. En revanche, la démocratie ne peut qu'être lente, par nature.

Mais rassurez-vous, si vous ne savez pas comment faire alors il vous reste à prendre un coach. Aujourd'hui, vous devez tout gérer, le temps, les autres, le destin, les relations... Il faut tout contrôler. Le coach devient la nouvelle autorité, parce qu'il sait comment il faut faire. Michela Marzano souligne le danger de conformisation, la mise en conformités des individus afin qu'ils réussissent. Tout le monde doit réussir. L'homme n'est plus qu'une somme de compétences.

De toute façon, coach ou pas, nos journées sont rythmées par les injonctions : mangez cinq fruits et légumes par jour, faites du sport, ne mangez ni trop sucré, ni trop salé...
Ou comme le dit Christophe Aleveque : "N'utilisez plus votre voiture. Mais continuez à en acheter."

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Ces quelques évocations illustrent la qualité des débats, mais je ne serais pas fidèle à la soirée si j'omettais de parler des nombreuses performances artistiques qui ont jalonnée la soirée, sous le pilotage du maître, Jean-Michel Ribes (cf photo).
Mon palmarès : Ezra, fabuleux beat boxer, Much, speed painter de talent (cf photo du tableau de Mickey), Christophe Aleveque et son humour cinglant et, en final, les Acrostiches (dernière photo)

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Conclusion : De la nourriture pour la maturation de notreintellect tout en préservant nos âmes d'enfants...
Surveillez l'agenda des prochaines soirées, vous ne regretterez pas votre participation !

PS : N'hésitez pas à acheter le n°2 de la revue Ravages. Il est entièrement consacré à ce sujet, avec des articles des intervenants de la soirée et bien plus encore. Pour ne rien gâcher la maquette est superbe.

Posté par selfway le juin 5, 2009 à 12:09 AM | L'infantilisation de la société au Forum Modernités dans Forum Modernités, Mobilisation | Commentaires (0) | TrackBack

Leçons de coaching sportif

Jeudi soir se tenait, dans le superbe auditorium de la Fédération Française de Football, une conférence organisée conjointement par l'ANDRH et l'Association des anciens HEC : Manager dans la tempête et préparer l'avenir, en prenant modèle sur le monde du sport.

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Les orateurs étaient, de gauche à droite sur la photo : Claude Onesta, coach et sélectionneur de l'équipe de France de Hand-Ball, le plus gros palmarès du sport collectif (Champion du monde, Olympique et d'Europe), Jacques Barthélémy, avocat spécialiste du sport, Alain Cayzac, co-fondateur d'EuroRSCG et ex-Président du PSG, Yves Le Bihan, consultant, Marc Lièvremont, coach et sélectionneur du XV de France, Philippe Bobin, ancien champion de Décathlon et Directeur du Développement des Ressources Humaines de Rhodia.

J'ai pris quelques notes et vous livre ici les interventions qui ont retenu mon attention :
- Chez Rhodia qui traversait une période difficile il y a quelques années, le déblocage de l'intelligence collective a opéré lorsque la compétence "Coopération" a été mise en avant, encouragée, évaluée, qu'elle est devenue un pilier de la culture de l'entreprise.
- "La performance est d'abord individuelle. Le collectif n'a jamais sauvé les défaillances individuelles. C'est d'abord parce qu'on est performant individuellement qu'on réussit collectivement. Le groupe noie les responsabilités" - Claude Onesta
- Un coach doit aimer ses joueurs, mais ne doit pas vouloir se faire aimer, ont affirmé en coeur Marc Lièvremont et Claude Onesta. Certaines décisions impopulaires doivent être prises, comme par exemple le fait de ne pas retenir un joueur sur la feuille de match ou de dire franchement ce qui doit l'être.
- La confiance en soi est clef pour la performance individuelle. Philippe Bobin raconte deux anecdotes du monde de l'athlétisme. Jean Galfione, au tournoi de Paris en 1998, alors qu'il était en excellente forme physique, ne réussit à passer que 5,50m au saut à la perche. Il va voir son entraîneur Maurice Houvion et lui dit qu'il ne sait plus s'il doit continuer la perche. Houvion lui dit simplement de prendre une feuille de papier, de tirer un trait au milieu et de placer d'un côté tout ce qui est positif pour lui dans la pratique du saut à la perche et de l'autre ce qui est négatif. Le lendemain, l'exercice accompli, Galfione voit Houvion. La colonne positive dépasse largement la négative. Il décide de continuer. Houvion lui propose alors de participer au tournoi d'Annecy qui a lieu 3 jours plus tard. Galfione accepte, y participe et réalise 5,98m, qui est toujours la meilleure performance française.
Même bonhomme, même forme physique, mental différent. Galfione avait retrouvé son "esprit de conquête".
L'autre anecdote concerne Marie-Jo Perec aux J.O d'Atlanta. Elle a déjà remporté le 400m et participe au 200m. La veille de la finale, Marie-Jo doute. Elle voit son coach et lui dit que ça ne sert à rien de participer à cette finale, qu'il y a au moins 5 coureuses qui vont plus vite sur 100m. Elle souhaite lâcher l'éponge. Son coach lui dit simplement qu'effectivement, à la sortie du 100, elle sera certainement 5ème mais que les autres seront épuisées alors que Marie-Jo pourra tenir la distance. Le lendemain, Marie-Jo est bien 5ème dans le virage. Elle se souvient alors des mots de son coach et gagne la finale. Un doublé historique.
- Pour diriger les joueurs, l'empathie est essentielle, selon Claude Onesta. "Chaque joueur est un émetteur. Plus je suis réceptif aux signaux, plus je peux anticiper et être en avance sur les événements"
L'entraîneur est toujours à contre-courant. En cas de défaite, il doit avoir l'énergie de remonter le moral des joueurs, pensant déjà au prochain match. En cas de victoire, il doit maintenir la tension et l'agressivité des joueurs.
- "Dans un match, il arrive un moment où l'irrationnel est la seule solution", pour Claude Onesta. C'est ce que peut apporter un joueur de génie. Il faut alors accepter tous ses éclats de génie, aussi bien ceux qui peuvent faire gagner que ceux qui peuvent faire perdre. "L'entraîneur qui veut tout contrôler, tour maîtriser ne saura pas prendre de risques"
- Je finis par ces quelques mots de Claude Onesta, toujours aussi brillant : "Dans les entreprises, vous cherchez la dynamique collective alors que tous les critères d'évaluation sont individuels. Celui qui créé du lien a un rôle clef. Si je faisais l'évaluation de mes joueurs au but marqué, il n'y aurait plus un seule passe... et plus de but marqués !"

Posté par selfway le juin 1, 2009 à 11:02 PM | Leçons de coaching sportif dans Dynamique humaine, Leadership, Mobilisation, Sports | Commentaires (2) | TrackBack

Augusto Boal pour toujours

Augusto Boal, le fondateur du théâtre de l'Opprimé vient de disparaître, mais son oeuvre restera belle et bien ancrée dans le monde.
Le Théâtre Forum ou Débat théâtral, sa méthode, a diffusé dans le monde entier trouvant un accueil partout grandissant.
Parler est une chose, agir en est une autre.
C'est pour réduire cette fracture qu'Augusto Boal inventa ce mode théâtral dans son Brésil natal afin de mobiliser les opprimés, le peuple. De plus amples explications dans ce discours de son fils, Julian Boal, prononcé en 2006 à l'ENSBA.

Le principe : transformer des spectateurs d'une pièce en acteurs improvisés, pour les amener par le jeu à trouver les voies de la résolution de problèmes de société.

"Notre but n'est pas d'exhiber des émotions, mais de créer des fleuves en mouvement, de créer une dynamique“

Augusto-boal

Pour découvrir cet homme remarquable et si rare, je ne saurais trop vous recommander la lecture de ses livres :
- Le Théâtre de l'Opprimé
- Jeux pour acteurs et non-acteurs : Pratique du Théâtre de l'opprimé

Vous y découvrirez une telle intelligence de la dynamique humaine, une sagesse de l'action et tant de générosité.

Pour mesurer son impact et écouter la voix des français qui l'ont le mieux connu, je vous invite à lire cet hommage de Bernard Grosjean, Directeur de la compagnie Entrées de jeu avec qui nous avons le plaisir de travailler chez Togeth'art, convaincus que nous sommes mutuellement du potentiel éducatif du débat théâtral dans l'entreprise, en particulier dans les actions de sensibilisation. Bernard a été élève et proche de Augusto Boal.
Lire aussi le témoignage de Jean-Gabriel Carasso, autre membre éminent de l'école française de Boal.

Posté par selfway le mai 8, 2009 à 12:06 AM | Augusto Boal pour toujours dans Dynamique humaine, Mobilisation | Commentaires (1) | TrackBack

Le Leadership perçu n'est pas toujours réel

Journal Personality and Social Psychology Cameron Anderson et Gavin Kilduff, deux chercheurs en psychologie sociale de la Haas Business School, Université de Berkeley en Californie, viennent de montrer dans un article publié dans le Journal of Personality and Social Psychology que la perception du Leadership ne reflète pas fidèlement la réalité.

Dans la première expérimentation, 68 étudiants étaient répartis en groupes de 4, entièrement masculins ou féminins. Chaque groupe devait organiser une ONG imaginaire. Le groupe le mieux organisé, selon l'avis des chercheurs, gagnait un prix de 400$. Une fois la mission accomplie, les membres de chaque groupe devaient évaluer leurs pairs sur des critères d'influence et de compétence. Les sessions étaient enregistrées et des observateurs extérieurs procédaient à la même évaluation.

Conclusion. Les personnes qui parlaient le plus étaient jugées les plus compétentes et les plus influentes, que l'évaluation émane des pairs, des chercheurs ou des observateurs extérieurs.

Nos deux chercheurs se sont alors interrogés sur la réalité de ces compétences et ont mené une deuxième étude permettant cette fois-ci d'évaluer de manière plus objective la réalité des compétences des participants.
Dans cette expérience, les étudiants devaient résoudre, toujours en équipes de 4, des tests de math du GMAT.
De la même manière, étaient perçus comme les plus compétents et leaders ceux qui parlaient le plus et le plus tôt.
L'analyse des résultats des contributions révéla cependant cette fois-ci des écarts importants entre la compétence réelle et la compétence perçue. Ceux qui étaient perçus comme leaders n'étaient pas ceux qui avaient apporté les meilleures réponses.

Ces études soulignent l'importance de l'assertivité dans la construction du leadership. Comment en effet entraîner les autres dans son sillage sans faire connaître ses positions.
Néanmoins, j'y vois une limite significative, la courte durée des expériences.
Dans la vraie vie, un leader apparent, qui ne brillerait que par son extraversion et non par sa compétence, ses valeurs ou son empathie ne réussirait pas longtemps à mobiliser son équipe.

Les plus grands leaders construisent leur crédibilité et leur compétence dans la durée.

[Via Time, Mindhacks]

Posté par selfway le février 19, 2009 à 08:00 AM | Le Leadership perçu n'est pas toujours réel dans Dynamique humaine, Leadership, Mobilisation, Pouvoir | Commentaires (0) | TrackBack

Leçons de Leadership d'Obama : l'art de la mobilisation

Les hommes politiques ont toujours été des adeptes de la communication de masse, descendante. Ecrasez un message le plus fort, le plus loin et le plus longtemps possible... il en restera quelques chose.
Obama a construit sa campagne de manière révolutionnaire. C'est ce que montre le remarquable travail sur la campagne présidentielle américaine qu'a mené le think tank Terra Nova.
La vidéo présente de nombreux témoignages de responsables de la campagne d'Obama, d'experts, de militants, de concurrents. Les documents (dossier, synthèse, présentation) proposent des analyses très riches, avec des recommandations d'évolutions des pratiques françaises.

L'émergence des réseaux sociaux donne à son expérience de la mobilisation de terrain une toute nouvelle dimension. Conseillé par les meilleurs spécialistes, dont Chris Hughes, cofondateur de Facebook, Obama en fait des outils extraordinairement puissants d'organisation de communauté. 10 millions participents à sa campagne, 3 millions font des dons, 1,2 millions militent activement sur le terrain. Comme le décrit le rapport Terra Nova : "Mais l'originalité de la campagne d'Obama n'est pas simplement d'avoir identifié dans le changement un message électoral fédérateur. Son originalité fondamentale, c'est d'avoir quitté la sphère stricte du politique, rationnelle, et d'avoir suscité la mobilisation d'une "communauté Obama", fondée sur l'émotion."
Tous croient en leurs capacités d'être des acteurs du changement. C'est le génie mobilisateur du rédempteur Obama. Sa thérapie libère le pouvoir individuel.

Obama n'aime pas pratiquer le sport politique préféré des medias, le conflit personnel, et se consterne du déclin de la civilité. "Mais ce déclin de la civilité provient en partie de ce que, du point de vue de la presse, ladite civilité est ennuyeuse." Il profite de l'essor de Youtube et crée son propre media. Il produit et diffuse ses messages, maîtrisant alors parfaitement leur teneur, leur tonalité, leur contenu, leur charge émotionnelle. Ainsi chacun peut accéder à tout moment à la source, Obama lui-même, sans aucune déformation ni limitation. Tous ses discours sont diffusés dans leur intégralité sur Youtube.

C'est la première fois que les medias traditionnels sont court-circuités, par Youtube, par son site de campagne et par tous les relais de sa campagne.

Mais où Obama a-t-il puisé sa science de la mobilisation ? Les outils ne suffisent pas, ils ne font qu'amplifier le signal qu'émet un homme.

En 1995, à sa sortie d'Harvard, il raconte dans son autobiographie "Les rêves de mon père", l'ambition qui l'animait déjà dès 1983 : "Le changement ne viendra pas d'en haut, disais-je. Le changement ne viendra que de la base, c'est pourquoi il faut la mobiliser." Il poursuit, préoccupé de trouver sa place au sein de la communauté noire : "Voilà ce que je vais faire. Je vais travailler à organiser les noirs. La base. Pour le changement."

Et c'est ce qu'il fit, non sans mal.
Pendant des mois, il écrivit à des associations de défense de droits civiques, à des élus progressistes noirs, à des conseils de quartiers... Rien. Aucune proposition. Jusqu'au jour où, enfin, il se fit embaucher en tant qu'organisateur de communautés pour aider les plus démunis à défendre leurs droits dans les quartiers défavorisés de South Side Chicago, en tant que stagiaire, pour 10.000 dollars annuels.
Obama décrit les conseils de son mentor pour sa première opération de terrain. "C'est leur intérêt particulier qui pousse les gens à s'engager dans une organisation, m'expliqua-t-il ; ils s'engagent s'ils pensent en retirer quelque chose. Selon lui, quand j'aurais trouvé un thème intéressant un nombre suffisant de personnes, je pourrais les entraîner dans une action. Avec un nombre suffisant d'actions, je pourrais constituer une force."
Puis vint cette première expérience. Suite à le recrudescence de la violence et à une fusillade récente dans un quartier sensible, Obama décide d'organiser une entrevue entre les citoyens et les forces de police, pour renouer le dialogue. "Nous maintînmes notre réunion avec la police, qui fut un petit désastre. Seule treize personnes éparpillées au milieu de rangées de chaises vides vinrent y participer". Le bide total.
Avec le temps, la patience et la ténacité vinrent les récompenses.
" Mais c'est indépendamment de tout cela, (...), que je vis se produire une chose merveilleuse. Les parents se mirent à émettre des idées pour des campagnes futures. De nouveaux parents s'impliquèrent."

Telles furent ses leçons sur la mobilisation du terrain. Pragmatiques, réelles, vivantes, au contact de modestes gens. C'est ainsi que pendant 3 années de 1984 à 1987, Obama apprit l'art de recruter des volontaires, des passionnés, d'écouter les laissés pour compte de la société pour leur donner l'audace d'espérer, de croire en leur pouvoir d'avoir un impact.

Quelques années plus tard, en 2006, alors qu'il n'a pas encore lancé sa candidature à l'investiture démocrate, c'est un Obama de maturité qui écrit dans "L'Audace d'espérer" :
"C'est avec le langage des valeurs que les gens dressent la carte de leur monde. C'est ce qui peut les inciter à agir, à aller au-delà de leur isolement.“

Posté par selfway le janvier 24, 2009 à 01:18 AM | Leçons de Leadership d'Obama : l'art de la mobilisation dans Barack Obama, Dynamique humaine, Leadership, Mobilisation | Commentaires (1) | TrackBack