L'art et la manière d'intégrer une grande école

Certaines phases de la vie étudiante, comme les classes préparatoires, nécessitent d'accomplir un exploit sportif incroyable. Mémoriser en un temps record des masses indigestes d'information, de concepts, de dates, de modèles, pour réussir non seulement à les régurgiter en temps voulu mais également à jongler avec pour produire une production personnelle convaincante.
Tel est le système élitiste à la française... du moins, si on l'aborde sans la bonne méthode.

C'est le constat qu'a fait Emmanuel Vayleux lors de sa classe préparatoire à HEC.
Après s'être laissé embarquer mécaniquement dans le rythme fou de travail de tous les étudiants de classe prépa, il a eu un déclic. Cette course en avant n'était peut-être pas la bonne.

“J'avais besoin de réellement prendre en main mon apprentissage. J'avais besoin d'un système"

Il s'est interrogé sur la manière de rendre son travail plus efficace, a testé, expérimenté de nouvelles pratiques.

"D'accro au travail, je suis devenu accro aux méthodes"

Et c'est ainsi qu'après deux années de prépa où il a réussi à s'accorder le temps de pratiquer du sport, de la musique, de voir ses amis, tout en travaillant de manière redoutablement efficace, Emmanuel a intégré HEC.
Le programme et la méthode qu'il a mis au point, testé sur lui-même et d'autres camarades, sont rassemblés dans son livre "Je vais vous apprendre à intégrer HEC".

Connaissant le manque redoutable d'enseignement de méthodologie pour ces étapes redoutables de la vie, je trouve son initiative remarquable.
Le livre se penche sur les aspects essentiels : gestion du temps, amélioration de la productivité, gestion de l'attention et de la concentration, planification des sessions de travail, entretien de la motivation, préparation mentale, lecture rapide, mémorisation, optimisation du sommeil (les 3 techniques du Jedi !)... sans oublier des conseils extrêmement pratiques et tactiques pour les différentes matières.

C'est une superbe synthèse de nombreuses méthodes de productivité et un véritable livre-coach pour tous ceux qui se trouvent embarqués dans cette “galère“ potentielle qu'est une prépa.
Un dernier mot : le livre se concentre sur les concours d'entrée en école de commerce (avec priorité aux trois parisiennes). J'ai la conviction qu'il est utile à n'importe quel élève soumis à des exigences de travail extrêmes, qu'il soit en prépa scientifique, en fac de médecine, de droit ou ailleurs.

Pour en savoir plus, visitez le site d'Emmanuel Vayleux : integrerhec.fr

Posté par selfway le novembre 1, 2010 à 01:10 PM | L'art et la manière d'intégrer une grande école dans Education, Performances cérébrales | Commentaires (0) | TrackBack

Le champion, son mental, sa performance

Lundidusport_121009 Lundi 12 octobre se tenait au CNSOF la conférence “Le champion, son mental, sa performance", organisée par les Amis de l'INSEP et la Direction Régionale des Sports d'IDF. Comme l'a dit Maurice Houvion en introduction: "le mental est la clef de la performance, dans tous les domaines"

Les orateurs étaient :
- Daniel Costantini, l'entraineur de l'équipe de France de Hand-Ball qui gagna le premier puis le second Championnat du Monde, en 1995 et 2001, avant de laisser sa place au non moins talentueux Claude Onesta
- Frédérique Jossinet, championne de judo, 3 fois Championne d'Europe, 2 fois Vice-Championne du Monde et Médaille d'argent aux J.O. d'Athènes.
- Hubert Ripoll, Professeur d'université, Président honoraire de la Société Française de Psychologie du Sport et auteur du livre "Le mental des champions", chez Payot. Voir le blog consacré au livre, qui contient également l'intégralité des slides présentées lors de la conférence.

Les échanges étaient très riches et plutôt que d'en faire un compte-rendu, je préfère revenir sur quelques anecdotes :

- En 1995, Bruno Martini, gardien de Hand, n'arrive pas à jouer en équipe de France à la hauteur des espoirs placés en lui. Le stress limite sa performance. Il n'est alors que remplaçant. Pour le match décisif contre l'Espagne, Daniel Costantini le fait entrer dès le début du match. Ce signe d'une confiance sans faille de son entraineur le déverrouille. Il fait un match remarquable et ne connaitrait plus jamais les écueils et effet pervers du stress mais uniquement ses effets bénéfiques.
A retenir : La confiance déplace des montagnes. Celle d'un entraineur pour son champion ou d'un manager pour son collaborateur libère son potentiel. Ici, la confiance transforme le stress paralysant en stress transcendant.

- Pendant l'été 2000 ont lieu les J.O. de Sidney. La France est éliminée en 1/4 de finale. Quelques plus tard seulement, début 2001, doivent se dérouler les Championnats du Monde, en France. Daniel Costantini se dit que plus de la même méthode ne donnera rien de bon. Il décide de passer d'un mode Directif, où l'entraineur sait tout, organise tout, dirige, impose... ce qu'il a toujours fait, à un mode Participatif, où il doit donner la parole aux joueurs et surtout développer leur autonomie, pour qu'ils trouvent eux-mêmes les leviers de progression. Pour annoncer cette rupture de style, Costantini convoque ses joueurs le 25 décembre à 14h dans un petit hôtel de Vannes. Ils croient d'abord à la mauvaise blague, puis se rendent à la convocation, sous peine de se voir exclu de la sélection. Là, Costantini leur annonce que le coach qu'ils ont connu est mort, que les joueurs l'ont tué à Sidney et que désormais, il les laisser prendre l'initiative. Il prend sa chaise et s'installe au fond, derrière les joueurs. Décontenancés dans un premier temps, les joueurs réinventent leur organisation et leur rôle dans l'entrainement. Le 4 février, après deux prolongations, la France bat la Suède, 28 à 25.
A retenir : Ce n'est pas parce qu'un entraineur, ou un manager, a utilisé un style de manière exclusive et efficace qu'il ne peut pas en changer, même brutalement si nécessaire, lorsque les conditions l'exigent.

- En 2008, après ses J.O. de Pékin ratés, puisqu'elle est sortie au premier tour, Frédérique Jossinet se sent dans une impasse. Elle décide de faire un point sur sa motivation, sur sa méthode d'entrainement. Elle ressent le besoin de se recentrer sur l'envie de pratiquer son sport, sur la recherche de la qualité de son judo et prend alors appui sur une préparatrice mentale. Elle revient rapidement en force en 2009 et gagne plusieurs titres.
A retenir : Toute démarche de travail sur soi doit être initiée en tout premier par la personne concernée. Dans un second temps peuvent intervenir les spécialistes du soutien psychologique et de la préparation mentale.

- Des nombreuses interviews de champions qu'il a menées, Hubert Ripoll en a conclu plusieurs points, dont le fait que tous ces champions décrivent que leur performance exceptionnelle a été acquise en "état de grâce". Les descriptions varient d'un champion à l'autre, mais l'état est le même, c'est celui que Mihaly Csikszentmihalyi nomme le Flow. La constatation de Hubert Ripoll c'est que cet état de grâce peut apparaître pour la première fois à des âges très variés, mais une fois vécu, il peut être reprovoqué par le champion, dans certaine conditions de préparation, d'environnement, de forme.

A retenir : Que ce soit en sport ou dans toute activité professionnelle, la recherche du Flow, qui n'apparait qu'avec une combinaison d'un défi élevé et de capacités disponibles pour le relever, est un moyen d'atteindre un haut niveau de performance. C'est l'adéquation Personne/Mission qui est la clef du Flow. Si votre job ne vous plait pas, aucun espoir d'atteindre le Flow et le bien-être. Mieux vaut alors partir à sa recherche en changeant de Mission que de végéter et consumer votre potentiel.

Pour prolonger l'étude du Mental, des sportifs bien sûr, mais ce ne sont pas les seuls à en avoir un ... ou à en avoir besoin, je vous conseille également les livres de mon ami Nicolas Raimbault, DTN adjoint de la Fédération Française de Basket-Ball : “La préparation mentale en sports individuels“ et “La préparation mentale en sports collectifs“.
Deux livres- méthodes très complets et opérationnels, parsemés de nombreuses références, sportives ou culturelles, parcourant les techniques utiles et les démarches menant à la construction d'un solide mental. A conseiller à tout sportif, très tôt, pour comprendre rapidement les paramètres qui entrent en jeu dans le mental et la performance.

Enfin, dernière référence directement liée : “Champion dans la tête“, de François Ducasse et Makis Chamalidis. Excellent livre également, très agréable à lire, avec de nombreuses anecdotes sportives et une approche narrative intéressante.

Posté par selfway le octobre 13, 2009 à 11:41 PM | Le champion, son mental, sa performance dans Coaching, Développement personnel, Performances cérébrales, Sports | Commentaires (4) | TrackBack

Vos neurones aiment le poisson

Cerveau_Simpson Des chercheurs suédois viennent de montrer qu'une consommation hebdomadaire de poissons chez des garçons de 15 ans avait un impact sur leur Q.I., mesuré trois ans plus tard. Pour être plus précis, une consommation par semaine entraîne une augmentation des capacités cognitives de 7%, deux fois par semaine de 12%. Les mesures ont porté sur l'intelligence verbale, visuelle-spatiale et combinée.
Ces résultats apparaissent indépendamment de tous les autres facteurs potentiellement explicatifs, niveau d'éducation des parents, milieu social, exercice physique, bien-être...

Cette étude de grande ampleur, publiée en mars dans Acta Paediatrica, a porté sur 3.972 adolescents.
Pourquoi uniquement des garçons me direz-vous ?
Parce que le protocole s'est appuyé sur les données recueillies à 18 ans, lors de leur service militaire.

Les mécanismes d'action restent méconnus mais les hypothèses avancées par les chercheurs mettent en scène les acides gras poly-instaurés omega-3 et omega-6 qui jouent un rôle anti-inflammatoire et protecteur vasculaire.

Voici le lien vers l'article de Liberation. Aucune référence citée, aucun nom de chercheur, aucune mention de la publication scientifique...
Par comparaison, voici un article de World News Australia. Tout y est. No comment !
Plus d'informations encore sur Science Daily

Posté par selfway le mars 12, 2009 à 08:00 AM | Vos neurones aiment le poisson dans Actualité, Alimentation, Intelligence, Performances cérébrales, Santé | Commentaires (0) | TrackBack

Apprendre à méditer à l'école

Qu'est ce que la méditation ?

La méditation est un exercice de "plongée intérieure "permettant de vivre des états modifiés de conscience et de calmer le flux incessant de l'activité mentale. Cette pratique introspective entraîne un développement de la conscience de soi, en particulier un meilleur ressenti de ses émotions, et ouvre l'accès, souvent obstrué, à ses intuitions.
Ses bénéfices sont désormais incontestables pour la santé (réduction de l'hypertension, du diabète, du stress chronique, de la dépression, facteur adjuvant favorisant le traitement des cancers...), pour le développement des capacités mentales (meilleur discernement, clarification de la pensée, créativité améliorée), et plus globalement pour le développement de la personne.

Ses origines les plus anciennes sont indiennes (dhyana) et sa pratique a diffusé dans tout l'Orient via le bouddhisme, en Chine (tchan), au Japon (zen).

Que la méditation soit d'origine spirituelle ou religieuse suffit à détourner la majorité de la population française et occidentale de sa pratique.

C'est une lourde et regrettable erreur. La méditation peut être pratiquée hors de tout culte.
Il est temps de laïciser la méditation, comme le font déjà Google, avec son école de développement personnel, et David Lynch avec sa Fondation.

Photo_david_lynch David Lynch, immense créateur, pratique la méditation depuis plus de 30 ans. C'est là qu'il puise son inspiration et libère son génie. Conscient de ses bénéfices et de ses potentialités, il a créé sa fondation au service de l'éducation des enfants :

"In today’s world of fear and uncertainty, every child should have one class period a day to dive within himself and experience the field of silence—bliss—the enormous reservoir of energy and intelligence that is deep within all of us. This is the way to save the coming generation.

I have been “diving within” through the Transcendental Meditation technique for over 30 years. It has changed my life, my world. I am not alone. Millions of other people of all ages, religions, and walks of life practice the technique and enjoy incredible benefits.

(...)

Someday, hopefully very soon, “diving within” as a preparation for learning and as a tool for developing the creative potential of the mind will be a standard part of every school’s curriculum

Research and experience document the profound benefits to society as a whole when our children dive within. Individual peace is the unit of world peace. By offering Consciousness-Based education to the coming generation, we can promote a strong foundation for a healthy, harmonious, and peaceful world. For this, the Foundation also supports the establishment of Universities of World Peace that will train the coming generation in a new profession: that of professional peacemaker.

Thank you very much for your interest. And please remember that Consciousness-Based education is not a luxury. For our children who are growing up in a stressful, often frightening, crisis-ridden world, it is a necessity."

David Lynch

Consultez cette courte vidéo (7mn) : A San Francisco Public School
Les effets sont là. La violence est apaisée, les capacité de travail se libèrent. Le dialogue enseignant/élèves se renoue.
Et pourquoi pas chez nous ?

Si vous avez plus de temps, durée 1h28, regardez le maître David Lynch accompagné d'autres intervenants scientifiques lors d'une conférence sur Créativité, Conscience et Cerveau

Si vous souhaitez mieux comprendre la méditation ou essayer chez vous : Comment méditer, une superbe introduction de l'école Shambhala.

Posté par selfway le mars 7, 2009 à 02:15 AM | Apprendre à méditer à l'école dans Coup de coeur, Créativité, David Lynch, Education, Méditation, Performances cérébrales, Santé | Commentaires (1) | TrackBack

Genèse, survie et déclin des neurones

Neurones

Parmi les dogmes scientifiques que nous avons longtemps subis, il y en a un dont l'effondrement donne de l'espoir. Les mammifères adultes produisent de nouveaux neurones, ce qui est contraire à l'hypothèse précédente d'un stock de neurones formé chez le jeune et que l'adulte ne pouvait que détériorer. Le chercheur à qui l'on doit ce bouleversement semble être Elizabeth Gould, Professeur de Psychologie à Princeton, qui mena ces travaux dans les années 90.
L'histoire pourrait s'arrêter là et nous dormirions sur nos deux oreilles ou nos deux hémisphères, satisfaits de la fructification de notre capital cérébral.

Oui, mais... des travaux récents, menés chez le rat pour l'instant, détaillés dans un article de Scientific American, How to Save new brain cells, montrent que ces nouveaux neurones qui naissent chaque jour ne survivent que s'ils sont stimulés. Je dirais même plus. Le plus ils sont stimulés, le plus ils survivent... y compris chez les individus touchés par des maladies neurodégénératives.

Alors, comment stimuler le noble organe ?
Par des puzzle, tests, sudoku, programmes d'entraînement cérébral, jeux de mémoire ou de logique, de résolution de problèmes et plus globalement par tout apprentissage impliquant des efforts cognitifs importants qui provoquent une forte stimulation de l'hippocampe, zone de production intense de nouveaux neurones. C'est aussi la zone qui est particulièrement touchée par la maladie d'Alzheimer. Les auteurs mettent néanmoins en garde contre tout optimisme exagéré. Ils ne croient pas que les exercices cognitifs puissent stopper totalement la maladie mais plutôt la ralentir.
Cet exercice cérébral recommandé à tout âge n'est pas sans me rappeler la conclusion de l'article La vie en crescendo, sur les clefs de l'éternelle jeunesse d'esprit.

Bienvenue dans l'ère du brain fitness !

Posté par selfway le février 25, 2009 à 01:01 AM | Genèse, survie et déclin des neurones dans Actualité, Jeux, Performances cérébrales, Stimulation cérébrale | Commentaires (0) | TrackBack

Les couleurs influencent la créativité et l'attention

Si je vous le disais, vous auriez peut-être quelque mal à me croire, mais lorsque ce constat provient d'un article à paraître dans Science... vous vous inclinez, en signe de dévotion face à la toute puissance de ce non-Dieu unique. Ravi Mehta and Rui Zhu, deux chercheurs de l'Université de Vancouver, viennent de mener des études qui comparent les effets des couleurs rouge et bleu sur les performances cérébrales.
Ils ont démontré, lors d'une série de 6 expériences, que le rouge favorise la vigilance et la concentration sur des tâches qui demandent de l'attention portée aux détails tandis que le bleu facilite un état exploratoire qui encourage la créativité.
Comment ont-ils créé ce contexte rouge ou bleu ?
Le protocole comprenait par exemple des tâches à exécuter sur un ordinateur, pour un groupe sur un fond d'écran rouge, pour l'autre bleu. Il intégrait également des jeux d'assemblage de Lego, certains groupes en avaient des bleus, d'autres des rouges.
Les auteurs émettent néanmoins quelques réserves. Ces études ayant été menées au Canada, il est probable qu'une influence culturelle impacte fortement les résultats.

"Peignons la finance en rouge et le marketing en bleu"

Painting-the-roses-red

Plus dé détails dans cet excellent article de la British Psychological Society 

D'autres informations complémentaires dans le New York Times

L'abstract de Science

Image : www.alice-in-wonderland.net

Posté par selfway le février 11, 2009 à 07:55 AM | Les couleurs influencent la créativité et l'attention dans Actualité, Attention, Coup de coeur, Créativité, Performances cérébrales | Commentaires (0) | TrackBack